Garder la tête froide quand tout s’emballe

18 mars 2026
18 Mar Garder la tête froide quand tout s’emballe
Ressource(s) évoquée(s) dans l’épisode :
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Transcription de l’épisode :
Salut très chers amis, et bienvenue dans ce nouvel épisode de Marchez Avec Johan. Merci de me rejoindre et de passer ce petit moment avec moi aujourd’hui. Et on va parler aujourd’hui de garder la tête froide quand tout s’emballe. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Avant de passer au sujet, et je vais t’expliquer ce que signifie « garder la tête froide », je voulais te rappeler que tu peux… ou te faire un petit cadeau, tu peux télécharger gratuitement la version PDF de mon livre 4 pilules pour une vie riche et sans stress. Il te suffit de suivre le premier lien dans la description. Et ça aidera tous ceux qui ont envie à la fois de pratiquer leur français et d’améliorer leur vie. Voilà. Donc, tu peux dès maintenant télécharger ce livre PDF et bien sûr le lire hein. Le télécharger c’est bien, mais le lire c’est mieux.
Et ce que je t’invite à faire ou en tout cas ce que j’ai réalisé pour moi-même encore une fois récemment, c’est qu’il est important de garder la tête froide. Garder la tête froide, eh bien, ça veut dire, tu sais, on a tendance à décrire les émotions comme étant une sorte de chaleur. Quand on parle de quelqu’un qui a beaucoup d’émotions, qui est très énervé, eh bien, on va le décrire comme étant quelqu’un avec du feu, tu vois, avec beaucoup de chaleur. Et garder la tête froide, c’est l’inverse. Garder la tête froide, ça veut dire garder son calme, rester calme, rester patient.
Et un monde qui s’emballe, c’est quand le monde finalement s’accélère ou a des pensées qui sont pas forcément bonnes sur le long terme. Et c’est ce dont on va parler aujourd’hui, parce que… Alors, c’est peut-être une impression personnelle, mais moi j’ai l’impression qu’aujourd’hui, tu vois, on ne parle plus que d’une seule chose par période. C’est-à-dire qu’à un moment, on va te parler seulement du Covid ; à un moment, on va te parler seulement de la guerre en Ukraine, ensuite seulement de l’inflation, ensuite seulement du conflit israélo-palestinien, ensuite seulement de… je sais pas, de la politique étrangère ou de la diplomatie, de la géopolitique, avec le Groenland, etc. Et bien sûr, ça veut pas dire que ces sujets ne sont pas importants, c’est juste qu’on est dans un monde où c’est finalement les hommes politiques et la presse qui nous disent : « Aujourd’hui, voilà le sujet, tout le reste, on s’en moque ».
Et ça, c’est une chose qui me plaît pas beaucoup. À une époque, on parlait toujours d’Internet, il y avait qu’Internet qui comptait. Maintenant, on parle seulement que de l’intelligence artificielle. T’as l’impression que, voilà, c’est l’IA, l’IA, l’IA partout, on ne te parle que d’IA. Si c’est pas l’IA… ‘fin, si c’est pas lié à l’IA, c’est pas bien. Et, tu vois, le mécanisme est toujours le même.
Tu vois, à chaque époque… Alors là, je suis un tout petit peu plus précis que précédemment où j’ai pris des exemples très généraux, mais on voit aussi qu’à toutes les époques, eh bien, une nouveauté devient centrale. Elle est présentée comme incontournable, comme une rupture totale avec le passé. Et je ne suis pas en train de dire que ces grandes révolutions techniques, notamment si on pense à Internet, par exemple, n’ont pas d’impact, ne sont pas des ruptures. Mais en gros, c’est que presque comme si tout le reste devait disparaître. Mais on est bien d’accord, je pense et j’espère, pour dire que dans la vie, tout n’est jamais tout noir, tout n’est jamais tout blanc. Il y a toujours de la nuance.
Et, tu vois, là, je reviens un peu sur l’intelligence artificielle, puisque moi, ça m’agace un peu à chaque fois que j’ouvre le journal d’entendre parler d’intelligence artificielle. À chaque… Des entreprises qui finalement n’ont rien à voir avec l’intelligence artificielle, eh bien, augmentent les prix du service.
Je te donne un exemple tout bête. On a un outil de gestion de tâches dans le cadre de Français Authentique avec l’équipe, et on veut juste gérer des tâches, c’est-à-dire, voilà, écrire des tâches avec des dates, des projets, mettre en place des documents et communiquer ensemble. On n’a pas besoin d’intelligence artificielle pour ça. Et pourtant, ils sont là sans arrêt, nos nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle, et on va augmenter nos prix à cause de l’intelligence artificielle, etc. Et c’est vrai pour tout. Mon logiciel de mail avec lequel j’écris mes lettres hebdomadaires, chaque vendredi notamment, eh bien, c’est la même chose. « Utilise l’intelligence artificielle pour ton titre d’email », etc. Mais non, je veux pas, je le fais, moi, de mon côté, laissez-moi tranquille.
Donc, tu vois, je viens pas minimiser la révolution en cours. L’intelligence artificielle, c’est clairement un outil puissant qui va probablement révolutionner et impacter profondément nos vies. Et je suis pas là pour dire qu’il faut les ignorer, ce serait complètement naïf. Mais tu vois, devenir ou les prendre comme idoles et comme la solution à tout, ce serait à mon sens excessif et dangereux.
Moi, j’utilise, comme tout le monde, je pense, aujourd’hui, l’intelligence artificielle, et je l’utilise de plus en plus comme un outil pour essayer de gagner du temps, notamment avec les tâches que je déteste le plus, qui sont les tâches administratives, de classement, et ça me permet de gagner du temps. Tu vois, pour structurer aussi parfois certaines idées, j’ai tendance à utiliser l’intelligence artificielle, où je vais aller dans ChatGPT, je vais parler pendant quelques minutes et je vais lui dire : « Ben tiens, remets mes idées en ordre ». Et bien souvent, ça m’aide à restructurer certaines choses, retrouver des sources aussi. Si je dis : « Tiens, j’ai cette idée en tête, je ne sais plus dans quel livre je l’ai lue, est-ce que tu peux m’aider ? » Là, il m’aide aussi. Donc, j’aime utiliser l’intelligence artificielle pour ça.
Par contre, ce que je n’ai pas envie de déléguer, c’est ma réflexion, ma réflexion pure, ma prise de décision. Il peut m’aider à mettre en place des éléments, des idées, des concepts, des arguments, mais par contre, la décision finale, la réflexion, c’est moi, mon discernement, c’est moi, c’est moi qui choisis. Mon authenticité, évidemment, elle pourra pas être remplacée par l’intelligence artificielle, ma créativité non plus.
Ce sont des valeurs non négociables et c’est aussi ce qui fonde Français Authentique, parce que, on le voit, moi je vois souvent, quand je vais jeter un œil aux vidéos de Français Authentique sur YouTube, je vois des vidéos qui sont finalement… d’autres hein, j’évite de trop regarder les autres, mais parfois, mon œil est attiré par les suggestions, et je peux voir des discours 100 % intelligence artificielle. Donc, le discours ou le contenu a été rédigé par une intelligence artificielle, les voix sont fake, sont 100 % intelligence artificielle, il n’y a aucun partage d’expérience. Ben voilà, OK, faisons tout ça et proposons un enseignement qui est plat. Mais c’est pas du tout l’idée que je me fais de l’enseignement. Pour moi, l’enseignement d’une langue et l’apprentissage d’une langue, ça passe par la culture, ça passe par l’authenticité, par des valeurs, par des prétextes, entre guillemets, c’est-à-dire des sujets, bah tu vois, là, je te parle de l’IA d’un côté pour indirectement t’enseigner le français. C’est ça aussi, apprendre une langue.
Et c’est en fait ce que les membres de l’Académie Français Authentique souhaitent. Ils veulent pas que j’arrive tous les mois et que je leur jette du contenu purement IA non réfléchi, ils veulent du contenu authentique. Et d’ailleurs, je pense que le nom « Français Authentique » que j’ai décidé de choisir en 2011 ne s’est jamais aussi bien porté. Moi, j’ai envie de vous offrir l’authenticité. Donc, c’est exactement ce que j’ai l’intention de continuer à faire.
Et je vois que beaucoup tombent dans le piège de la facilité, de tout déléguer. Et il y a un vrai danger pour ça, parce que déjà, plus on délègue sa réflexion et plus on devient paresseux, plus notre cerveau va dire : « Bah, j’ai pas besoin de réfléchir, j’ai pas besoin de penser, il suffit de demander à l’IA ».
Et j’ai, à un moment, eu cette tendance. Tu vois, je dois écrire un email, je dis : « Attends, je vais l’écrire dans l’IA ». Mais non, l’IA peut m’aider pour cet email, pour le rendre meilleur, oui, mais il faut que le travail de base vienne de moi en fait, parce que si j’utilise plus le muscle de la réflexion, de la créativité, eh bien, il va complètement disparaître, fondre, et nos capacités cognitives, intellectuelles, vont fortement décliner en fait.
Donc, voilà un petit peu ce qui m’inquiète, ce qui m’anime. Et franchement, je t’invite, toi-même, à essayer de trouver cet équilibre, ce juste milieu. Ignorer complètement l’intelligence artificielle, c’est pas forcément la meilleure des choses, même si ça va dépendre un peu de ce que tu fais dans la vie hein. Mais je pense que pour beaucoup, c’est quand même utile. Et complètement déléguer notre pensée à ces machines, c’est dangereux aussi en fait. Donc, à nous de trouver l’équilibre.
Moi, tu sais, ce que j’ai tendance à dire, c’est que j’utilise l’intelligence artificielle seulement pour la partie du milieu, c’est-à-dire le début, c’est moi qui prends le temps de réfléchir, et je me casse bien la tête dans la façon de poser les problèmes, dans la façon de décrire ce que j’attends de l’intelligence artificielle. Donc, c’est ce qu’on appelle « le prompt ». Le prompt, il vient de moi. Je passe beaucoup de temps à réfléchir, à être précis, parce que la qualité de ce qui sort de l’intelligence artificielle, elle est proportionnelle à la qualité de ce qui rentre.
Si tu lui dis : « Rédige-moi un mail sur le passé simple », ben il va te rédiger un mail sur le passé simple, mais ça va être pourri, ça va être le même mail qu’il va proposer à tout le monde. Si, par contre, tu dis : « Bon, ben voilà, moi j’aimerais aujourd’hui aider mon audience à comprendre le passé simple d’une manière absolument limpide. Je sais qu’ils rencontrent ces problèmes-là, je sais qu’ils font cette erreur-là ». Donc, tu vois, je mets toute mon expérience dans le prompt. Donc, j’interviens énormément au début. Ensuite, le gros du travail de tri, de réflexion, c’est lui qui va le faire. Et ensuite, moi, j’interviens de nouveau, c’est-à-dire que je vais corriger toutes les choses qui me plaisent pas, je vais aussi demander d’approfondir certaines choses, d’enlever d’autres choses, et je vais lui demander, par exemple, de me donner des exemples, des statistiques, des citations, des anecdotes. Et à la fin, ce sera mon… si on parle d’un email, j’ai pris l’exemple d’un email, mais c’est vrai pour tout, ce sera à la fin mon contenu, en fait. Parce que j’ai été là au début, j’ai été là à la fin, et lui, il m’a juste un peu simplifié la tâche entre les deux.
Donc, mon conseil, c’est de ne pas suivre les foules. Tu sais, c’est une vieille histoire de suivre les foules, de dire : « Tout le monde parle d’IA, donc, l’IA, c’est génial ». C’est pas nouveau, cette dynamique des foules, ça a toujours marché depuis la nuit des temps. Je lisais cette semaine, dans ma lecture quotidienne de la Bible, je lisais encore une fois l’Évangile de Matthieu dans lequel, en fait, il parle à la fin de la foule qui, le vendredi, acclamait Jésus, parce qu’ils pensaient que Jésus allait être leur sauveur, et le lundi, hurlait à sa crucifixion en le voyant faible. Donc tu vois, je prends cet exemple, peu importe ta foi, peu importe vraiment ce que tu penses, j’ai trouvé que c’était un très bel exemple pour montrer à quel point la foule, donc, tous les gens dehors, pouvaient changer d’opinion d’une manière si extrême du vendredi au lundi. Ça montre vraiment que suivre la foule, c’est clairement pas une bonne idée.
Donc, moi, ce que j’essaie de garder, c’est tout simplement la tête froide, c’est avancer en acceptant le progrès, évidemment, mais sans perdre mon âme. Je veux pas confondre un outil et une vérité. Je veux pas confondre ce que pense la majorité avec la vérité. Et je préfère être lent et lucide, je préfère que la lenteur l’emporte sur la rapidité, et je préfère peut-être, tu vois, parfois réfléchir d’une manière moins insistée, mais au moins rester vivant. Et je pense que c’est très sain de penser comme ça, et notamment dans les situations un peu plus difficiles, on rencontre tous des difficultés dans nos vies. Et si on ne fait que regarder ce que font les autres, ce que pensent les autres, on ne peut pas s’en sortir. L’idée, c’est vraiment de continuer à penser par soi-même.
Donc, voilà ce que je voulais te dire aujourd’hui. J’espère que ça t’a plu. Je t’invite vraiment à suivre le premier lien dans la description pour télécharger gratuitement mon livre PDF 4 pilules pour une vie riche et sans stress. Et je te dis à très très bientôt pour un nouvel épisode de Marchez Avec Johan. Merci d’avoir été avec moi aujourd’hui. Salut !
